La méthode française

Je reconnais une boutique de coiffure parce qu'il est inscrit quelque part sur la vitrine coiffeur ou coiffure, masculin 24€, féminin 36€, ou par les portraits affichés sur la vitrine, ou parce qu'on distingue l'intérieur du salon ou encore parce que je reconnais le nome de la chaîne dont la boutique fait partie.

J'entre, demande une coupe (ou je ne demande même pas, d'ailleurs, on n'invente pas 36 raisons de venir). Selon les cas je peux être amené à patienter dans un coin avec un peu de lecture ou bien passer de suite au shampooing[1].
Je crois bien qu'en théorie, le shampooing n'est pas obligatoire, mais en pratique je ne suis pas sûr qu'il soit possible d'y échapper et d'ailleurs les prix annoncés incluent le tout. Il me souvient que quand j'étais gamin, ma mère qui m'accompagnait avait tenté de me soustraire à ce passage en arguant que j'y étais passé la veille, mais la coiffeuse a insisté que j'avais bien dû transpirer depuis. Je suppose que les coiffeurs aiment s'assurer qu'ils mettent les mains exclusivement dans des cheveux bien propres, ce qui se défend[2].
Pour le shampooing, on est assit dans un fauteuil, la tête basculée en arrière dans un bassin, laissant des mains expertes masser le cuir chevelu...

Le shampoing passé, hop debout, on passe dans une autre partie du salon, on se rassoit dans une chaise confortable ou un fauteuil adapté. Passage toujours difficile, répondre à la question Vous les voulez comment?... Je m'empêtre toujours dans les explications (plutôt courts, mais pas trop, ça vous aide si je vous dit que la dernière fois, c'était il y a quatre mois?) et suis toujours étonné qu'il en sorte quelque chose qui corresponde raisonnablement à l'image que j'avais en tête. Ça n'empêche qu'aujourd'hui j'étais venu préparé, j'avais une photo. C'est quand même plus simple.
Pendant la coupe, il est souvent de rigueur de tailler le bout de gras. Bien sûr ça dépend du coiffeur sur lequel on tombe, de la régularité avec laquelle on fréquente le salon, de sa propre propension à discuter. Je ne suis pas du genre bavard. ça a tendance à se voir et ça se passe donc en général calmement.

Coupe finie, séchage au sèche-cheveu, je me vois quasi-systématiquement proposer du gel, spray, ou qu'est-ce donc que je refuse tout aussi systématiquement. Passage en caisse et pourboire.
Sorti dans la rue, je m'ébouriffe un peu les cheveux pour en faire tomber (quelques) restes de coupe.

Notes

[1] Le salon à côté de mon bureau ne prend pas de réservation, fait inhabituel.

[2] Après tout, je n'aime pas non plus mettre les mains dans du code qui a été tripatouillé dans tous les sens et d'ailleurs en ce moment c'est pas la joie de ce côté mais ne nous égarons pas.